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Le déclic ou comment être dépucelé par des grands vins

Par Jim

Qu’est ce qu’un grand vin ? Récurrente et délicate question pour laquelle je vous éviterai les poncifs sur les “goûts de chacun” et “les étiquettes mensongères”… Il est évident que vous et moi ne serons pas touchés de la même manière par un vin. Comme il est évident que de tous temps de beaux mots nous font acheter n’importe quoi.

Mais laissez-moi vous raconter mon expérience. Ma première fois. Mon dépucelage émotionnel et gustatif. C’était le 20 décembre 2017. A 21h18 précisément.

 

Jeune stagiaire dans la cave, j’ai la chance d’être un palais vierge mais curieux. J’ai la chance – également – d’avoir été convié au Noël de l’équipe. Prometteur. Travaillant “à l’ombre d’un bouchon” j’ai pu constater la sélection éclectique de la cave. Des Morgon Vieilles Vignes de Michel Guignier en passant par la Cuvée H du Clos de la Barthassade ou encore des Riesling secs d’outre Rhin (Ratzenberger), les adeptes des petits producteurs indépendants à prix accessibles seront servis. Ce que je suis.

Mais en regardant aux détours des Bourgognes ou des Bordeaux, certaines étiquettes éveillent ma curiosité. “Chambertin du Domaine Armand Rousseau”, “Château Figeac”, “millésime 1985” ! Voilà un univers que je ne connais pas. Alors le 20 décembre lorsque nous nous réunissons après la fermeture mon attente est particulièrement grande.

 

21h18 donc, première claque. Un Meursault 1er Cru les Genevrières de Bouchard 2011 est sorti. Comme si de rien n’était. Le nez est charmeur, élégant et totalement inconnu pour moi. J’en redemande, prends mon temps, replonge encore et encore mon nez avant d’oser tremper mes lèvres. En bouche c’est encore mieux. Des fruits secs, des notes fumées et florales, une tension tout en équilibre et une rondeur parfaite.

Déjà chamboulé par mon premier grand Bourgogne je n’ai pas le temps de dire “ouf” qu’un Chateau Léoville Las Cases 1999 est sorti. Changement de cap. Le Cabernet Sauvignon se déploie ici avec puissance et paradoxalement avec douceur. Les tannins sont fondus et la complexité des arômes me cloue à mon fauteuil heureusement très confortable.

Petite pause le temps de récupérer. Le dessert arrive accompagné d’un Chateau Sigalas Rabaud 2004. Tout simplement un Premier Cru Classé en Sauternes. Une robe d’un or profond, des arômes de marmelade d’orange et en bouche une acidité surprenante. Je fonds.

 

Plus important encore que ces grands noms, ce que je retiens finalement de ce festin “dyonisien”, c’est le festival d’émotions ressenties. En l’espace d’un repas j’aurais été à la fois chamboulé, surpris, cajolé et quelque peu enivré. Comme si un tout nouveau monde s’offrait à moi. Il va s’en dire que depuis ce jour je lorgne sur toutes les belles bouteilles de la boutique. Alors merci à mes patrons de m’avoir invité à ce fabuleux voyage et merci d’avance à vous possesseurs de belles quilles de partager avec vos amis, vos proches, ces instants rares et pourtant si intenses. Déguster un grand vin en bonne compagnie.

Créer le déclic finalement pour un autre palais vierge mais curieux.

 

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